Editorial

A peine sortis de l’épidémie de grippe saisonnière, nous devons anticiper la suivante…

Des chiffres de Sciensano pour illustrer notre propos : 685 000 personnes affectées d’un syndrome grippal et 445 000 cas de grippe depuis début octobre 2017.

Sur la base de la surveillance réalisée par son réseau de médecins vigies – 130 généralistes répartis sur l’ensemble du territoire – Sciensano estime à 685 000 le nombre de personnes ayant consulté un généraliste pour un syndrome grippal entre le 2 octobre 2017 et le 15 avril 2018 :
• 60 000 enfants de moins de 4 ans
• 102 000 enfants de 5 à 14 ans
• 471 000 adultes de 15 à 64 ans
• 52 000 personnes âgées de plus de 65 ans

Parmi ces 685 000 personnes, Sciensano estime – sur la base des analyses virologiques réalisées – que 445 000 environ auraient contracté le virus de la grippe.

La saison 2017-2018 a été caractérisée par la co-circulation des virus B de la lignée Yamagata et les virus A(H1N1) pdm09, avec une prédominance des virus B/Yamagata. Les souches en circulation étaient proches des souches inclues dans les vaccins disponibles. La souche vaccinale B/Yamagata n’était cependant incluse que dans le vaccin quadrivalent.

Le fameux vaccin anti-grippe !

Sujet à la mode dans les hôpitaux accrédités ou en voie de l’être, la vaccination antigrippale suscite toujours beaucoup d’intérêt et de controverses mais il  est parfois compliqué de faire la différence entre info ou intox.

J’ai eu l’occasion d’être promoteur d’un mémoire de Master en Santé Publique passionnant où l’étudiant, Pierre Fourmanoir a essayé dans son institution, de déterminer les facteurs  influençant l’adhésion à la vaccination anti-grippale.

Il commence son mémoire de cette façon : « Cette année 2018 rappelle un bien triste anniversaire. En effet, il y a 100 ans, la pandémie de grippe espagnole se répandait à travers le monde. Les propagations mortelles de ce virus A H1N1 ont entrainé près de 20 millions de décès, selon les estimations les moins pessimistes, soit deux fois plus que la Première Guerre Mondiale à la même époque. Depuis cette catastrophe, la volonté de lutter contre ce fléau est planétaire, mais à ce jour, nous ne sommes pas encore parvenus à trouver d’autre(s) moyen(s) efficace(s) de lutter contre le virus influenza que le vaccin.

Et alors que, et je cite l’Organisation Mondiale de la Santé (2010) pour s’en convaincre, « à l’exception de l’eau potable, il n’y a rien d’autre, même pas les antibiotiques, qui ait eu un effet si important sur la réduction de la mortalité… » la vaccination contre la grippe saisonnière peine à convaincre les professionnels de la santé du centre hospitalier dans lequel je travaille ».

Et malheureusement, il n’est pas le seul à faire cette constatation.

En dehors des aspects juridiques développés par maitre LOCOGE dans un numéro précédent quant au risque que l’hôpital puisse encourir une responsabilité juridique en cas de maladie grippale d’un patient contaminé par un membre du personnel non vacciné, persiste les aspects éthiques et civiques.

Il ne faut pas oublier que la grippe est responsable de décès principalement chez les personnes à risque (très jeunes enfants, personnes âgées  ou personnes ayant une ou plusieurs maladies chroniques), soit la population de patients que nous font confiance ne venant se faire soigner dans nos hôpitaux.

Article à la Une

Sommaire

Agenda scientifique

  • septembre 2019
  • du 10/09 au 13/09 || à Genève
    The International Conference on Prevention and Infection Control (ICPIC)
  • 26/09
    NSIH Symposium
  • octobre 2019
  • du 2/10 au 6/10 || à Washington
    Infectious Diseases Society (Id)WEEK
  • 3/10
    Colloque Hygiène
  • 3/10
    Colloque Hygiène
Charger les évènements suivants

Proposer un article ?

Offres d'emploi

Nos partenaires

Flux RSS

Subscribe

Comité de rédaction

Les anciens numéros

Toutes les archives

Découvrez nos dossiers spéciaux

Expériences à partager